Comment photographier la Voie lactée ?

Tout commence en avril…

Quand la meilleure saison pour observer la Voie lactée arrive, je suis fou comme un enfant à l’approche des grandes vacances ! La Voie lactée  peut-être observer toute l’année dans l’hémisphère Nord, mais  c’est seulement d’avril à septembre que son bulbe sera le plus visible.

Le bulbe, c’est ce dernier qui va retenir toute notre attention, aussi appeler le cœur c’est là que la plus grosse concentration d’étoiles se trouve, qui dit plus d’étoiles dit plus de lumière et plus de détails.

Le reste de l’année vous pourrez toujours réaliser des circumpolaires ou encore des filés d’étoiles, en étant minutieux et patient le rendu est très esthétique également, comme quoi on peut être créatif toute l’année !

Comment photographier la Voie lactée
208 photos pour ce Circumpolaire
photographier la voie lactée
La Voie lactée au Canon 50mm F1.8 – 8/s – 3200 ISO – Canon 6D

C’est comme remonter le temps…

Pour la petite histoire il faut tout d’abord se rendre compte que le scintillement des 100 milliards d’étoiles qui la composent a mis des centaines d’années pour parvenir jusqu’à nous, rien que ça !

Photographier la Voie lactée, notre galaxie, c’est par la même occasion regarder et immortaliser le passé, un peu comme si votre appareil photo vous permettez de voyager dans le temps !

Bien entendu ça reste une métaphore, ne croyez pas que votre Reflex à les pouvoirs d’une Dolorean DMC-12… N’est-ce pas Doc !

C’est la première chose à laquelle je pense systématiquement lorsque je fais une sortie Astro-photos et plus particulièrement la Voie lactée, je sais que je vais percevoir un immense et indescriptible phénomène qui s’est formé il y a 13,2 milliards d’années, un phénomène Céleste !

Applis

Cap au Sud !

Pour obtenir de belles images de la Voie lactée sublimant un sujet en particulier ou encore un vaste paysage on va s’assurer de pouvoir de faire rentrer tout le monde dans la composition de notre photo, à moins de faire un panoramique afin d’avoir l’arche en totalité.

Pour faire une simulation et commencer mon repérage et ma compo, j’utilise l’application Star Walk 2 sur mon Smartphone.

Star Walk 2 est une application qui se décline en 2 version, l’une gratuite et une version payante.

La version gratuite est limitée bien entendu, certaines fonctions sont bloquées, mais si vous comptez vous en servir uniquement pour trouver le cœur de la Voie lactée en toutes situations et même anticiper sa position, puisque l’application Star Walk 2 ne se limite pas qu’à une utilisation en temps réel, elle permet également de choisir la date et l’heure et donc de pouvoir se projeter dans le temps !

Personnellement j’ai opté pour la version payante à 0.99 centimes d’euro… Oui vous avez bien lu, moins d’1 euros pour une petite application qui est géniale et tellement pratique !

Bien préparer sa sortie c’est essentiel !

Une fois votre application choisie il ne vous restera plus qu’à avoir Jupiter dans Saturne et Uranus dans Neptune !

Non je plaisante bien sûr, pas besoin de jouer les Madame Irma… 😉

Face à votre PC, la souris dans une main votre Smartphone dans l’autre, je commence toujours sur Google Maps par repérer le point de vu, le temps de route, l’orientation. Avec mon Smartphone depuis l’application Star Walk 2, j’avance dans le temps et je contrôle la possibilité d’aligner ou non mon sujet avec la Voie lactée.

Orientez-vous vers le Sud, en accélérant le temps depuis l’application, entre 23h et 6h du matin, en fonction de la période de l’année, repérez la constellation du Scorpion, vous devriez rapidement apercevoir la Voie lactée qui se dresse fièrement au fil des minutes.

Sur le terrain, une fois vos yeux habituez à l’obscurité vous devriez apercevoir une concentration d’étoiles, formant une voile blanchâtre…

Oui à l’œil nu la voie lactée est comme laiteuse d’où son nom ! Je contrôle également la position de la Lune en fonction de l’heure et la période de l’année, en complément je regarde le calendrier Lunaire.

Avant de préparer mon matériel photo, je jette un œil sur la météo, j’utilise le site Sat24 en mode prévision : http://fr.sat24.com/fr/forecastimages

Même si ce site est extrêmement fiable je n’hésite pas à croiser les informations avec d’autres prévisions sur d’autres sites, Météo France, Yahoo Météo… Autant ne pas prendre trop de risques surtout si vous devez faire pas mal de route !

Star Walk 2 – Sat24 – Yahoo météo – Calendrier Lunaire – Google Maps

star walk 2
Aperçu dans le temps avec Star Walk 2

Constellation
Etude du terrain avec Google Maps

Pollution lumineuse

Aperçu de la pollution lumineuse avec AVEX

YAPUKA ?!

Non pas vraiment, en fait !

J’évite de partir trop à l’aventure, surtout si mon sujet se trouve à plusieurs heures de route ! La première chose à contrôler c’est la pollution lumineuse, oubliez la Voie lactée au-dessus de la tour Eiffel…

Pour contrôler la pollution lumineuse et savoir à quoi s’attendre en fonction de la région, j’utilise le site Avex : http://avex-asso.org/dossiers/pl/europe-2016/google-map-fausse-couleur/index.html

Bien entendu plus vous vous éloignerez des agglomérations plus profondes sera l’obscurité, et plus intenses seront les étoiles !

Corrigez-moi (fort) si je dis une bêtise, mais le triangle noir du Quercy dans les Causses du Quercy est the place to be pour l’observation des étoiles, qualifié comme le ciel le plus pur de France ! Vous savez maintenant ou vous rendre pour en prendre pleins les mirettes !

Matos

Un appareil photo pour ma Galaxie !

Concernant le matériel nécessaire il vous faut un trépied bien stable, et si ce dernier est bien modulable comme mon trépied Vanguard Alta 263 Pro c’est un plus !

En photographie se démarquer des autres est capital, et pour faire la différence avec toutes les photos qu’on peut trouver sur internet il est primordial d’oser des compositions dynamiques et originales, un trépied modulable vous permettra d’adapter toutes sortes de positions, pensez-y !

Il vous faudra obligatoirement un objectif grand angle capable d’ouvrir entre F1.8 et F4. Les objectifs fournis dans les packs comme les 18-55 ou 18-135 F3.5 peuvent parfaitement faire l’affaire, surtout lorsqu’on débute…

Attention si vous êtes équipé d’un appareil photo avec un capteur APS-C, il sera nécessaire d’investir dans un objectif 10-20mm par exemple, car en fonction du facteur de CROP de capteur du fabricant, vous aurez l’équivalent d’un 25 ou 27 mm environ ! Et non seulement votre cadrage sera difficile à réaliser, mais votre temps de pose sera bien plus limité !

Il vous faudra un Reflex capable d’encaisser au moins 1600 ISO sans vous délivrez une image trop bruitée ! En dessous de 1600 ISO même dans les meilleures conditions votre Voie lactée sera sous-exposée.

Comptez 3200 ISO pour faire apparaître ses détails et ses couleurs.

Avec mon Canon 6D je n’hésite pas à monter à 5000 et 6400 ISO, le résultat brut, de boîtier est bluffant !

Une télécommande, afin d’éviter de faire bouger votre boîtier lors du déclenchement ou entre chaque photo.

Des batteries bien chargées, l’astrophotographie est un enchainement de tests et de poses longues, la plupart du temps en Liveview, avec parfois des températures assez basses, tous ces facteurs consomment énormément en batterie ! On n’oublie pas non plus les gants et le thermos !

Petite astuce s’il vous arrive de faire de la photo de nuit lorsqu’il fait froid, une grosse chaussette reconditionnée sur votre appareil limitera la vitesse de décharge de votre batterie et limitera les défauts de comportement du au froid sur votre boîtier. Pour la condensation, pensez à replacer le capuchon d’objectif lorsque vous ne photographiez pas.

Sat24
Prévisions météo – Sat24

Le Cinquième élément !

Oui le résultat de votre photo va dépendre de votre matérielle photo, de la lune, de la pollution lumineuse, de la période de l’année, mais aussi de la météo !

Si obtenir les bonnes conditions demande de la patience, la pratique sur le terrain n’est pas chose aisée également. Une fois sur place dans le noir il vous faudra trouver le moyen de poser votre trépied et l’appareil photo, brancher la télécommande, et commencer et faire un certain nombre de tests pour arriver à la composition voulue.

Je ne vous le souhaite pas mais il vous arrivera malgré tout de rentrer déçu et terriblement frustré, météo changeante, pollution lumineuse plus importante que prévu, végétation hostile…

Dans l’obscurité en cherchant la constellation du Scorpion je me suis assis sur un petit cactus… J’en vois qui rigole déjà…

Vous avez déjà fait l’expérience d’un Sunset raté pour des raisons météo, imaginez la même chose avec le manque de sommeil, de nuit, sans personne pour vous remonter le moral.

Sur le terrain…

Enfin ! Vous êtes arrivé 2 heures en avance, le ciel est dégagé et la lune absente, la pollution lumineuse est faible, le sujet là comme vous l’aviez prévu, une chapelle isolée en montagne, un superbe pic, un lac, peu importe du moment que ça vous plait et que dans votre imagination ça fonctionne !

Votre frontale sur la tête vous la positionné en lumière rouge afin de laisser vos yeux s’habituer à l’obscurité, votre matériel est en place.

Pour commencer je me réalise ma composition et pour gagner du temps je monte les ISO, 6400 ISO, le plus petit diaphragme F4, F2.8 ou encore F1.8, ça dépend de l’objectif que j’utilise.

Le fait de monter les ISO me permet de réaliser la composition avec des temps de pose très faible. Une fois la composition réalisée, je redescends les ISO a 3200 ISO, je ne touche pas à mon diaphragme, c’est-à-dire que je le laisse au maximum de son ouverture, et j’adapte le temps de pose à la longueur focale de mon objectif.

Attention l’ouverture du diaphragme influe énormément sur la profondeur de champ, en dessous de f3 pensez à bien vérifier que votre sujet et votre ciel sont bien tous les 2 dans votre zone de mise au point !

Photo prise au Smartphone de l'écran de mon appareil
PhotoCapture d’écran de l’appareil sur le terrain

La règle des 500 pour le plein format, non cherchez pas c’est juste une illustration…

A gauche un Canon 700D doté d’un capteur APS-C et à droite un Canon 6D doté d’un capteur plein format. La différence de taille de votre capteur APS-C varie selon le fabircant de votre appareil photo en comparaison au format 24*36 des capteurs plein format.

Temps de pose, focale…

Pas de panique, pour calculer le temps de pose en fonction de votre focale il existe une règle, une règle simple : la règle des 500 ! Et paf ! Oui ça vous fait une belle jambe je sais !

Ne vous inquiétez pas je ne vais pas vous laisser comme ça, non bien au contraire, d’autant plus que cette règle des 500 reste pour ma part erronée !

La règle des 500 dit que vous devez réaliser le calcul suivant : 500 / votre longueur focale = 500 / 16 = 31,25 secondes par exemple si vous utilisez un 16mm 500 / 14 = 35 secondes si vous utilisez un 14mm.

Cette règle ce n’est pas moi qui l’ai inventé, en pratique si vous dépassez les 20 secondes avec un 16mm vos étoiles vont commencez à devenir moins nettes, si vous dépassez les 25 secondes vos étoiles seront « baveuses ».

Toutefois elle a le mérite d’exister, tout en servant de base pour commencer les travaux pratiques.

Personnellement avec un 14mm je ne pose pas plus de 25 secondes, et 20 secondes au 16mm. Mais rassurez-vous vous pourrez contrôler tout ça sur le terrain et faire vos propres choix de temps de pose en fonction du résultat désiré.

Les informations que je viens de vous donner ci-dessus concerne un capteur plein format (Full-Frame) comme mon Canon 6D par exemple, si vous avez optez pour un capteur APS-C il vous faudra recherchez sur internet le facteur de « CROP » de votre capteur, par exemple X 1.6 chez Canon, X 1.5 chez Pentax, Sony et Nikon…

Répétez autant qu’il faudra les tests sur le terrain en fonction de votre matériel, c’est la seule solution pour trouver le temps de pose adéquate.

Et la MAP ?!

Faire la mise au point de nuit n’est pas forcément une chose aisée, logiquement si votre objectif dispose d’un indicateur sur l’infini, représentée par ce symbole &, sur la bague de mise au point il vous suffira de vous mettre sur l’infini pour que votre Voie lactée soi nette.

Malheureusement en fonction des objectifs ce n’est pas toujours le cas, de plus ça ne fait pas de mal de vérifier avant de commencer, ou tout au long de votre session d’astrophotographie que tout se passe de ce côté-là…

Imaginez un instant qu’après une nuit à la belle étoile et que lorsque que vous rentrez à la maison, le transfert de vos photos terminées sur votre PC, vous découvrez sur votre grand écran que la mise au point était en fait décalée ! C’est du vécu ! 😀

Pour éviter cela on va chercher l’étoile la plus lumineuse possible et zoomer dessus à l’aide du Liveview, normalement vous devez vous trouver sur l’infini.

Faîtes une première photo, vérifiez votre photo, zoomez sur les étoiles les plus lumineuses et une fois que votre MAP est réussie ne touchez plus à la bague de mise au point !

Mise au point sur l’infini

Photo traitée sous Adobe Lightroom et Photoshop en suivant mon tutoriel

Canon 6D – Samyang 14mm F2.8 – 25/s – 3200 ISO

Action !

C’est le grand moment, tout est réglé comme du papier à musique, compo, temps de pose, ouverture, nous sommes en avril, il est 4h20 du matin et la Voie lactée surgi au-dessus de l’horizon…

Première prise de vue à 3200 ISO, 16mm, F4, 20 secondes de pose, et voilà ! Une première dans la boîte à images !

Personnellement je fais quelques clichés avec différents réglages, j’augmente légèrement le temps de pose, les ISO dans le but de faire ressortir la Voie lactée, tout en surveillant l’aspect de mes étoiles.

Quand j’obtiens ce que je veux soit j’éclaire à la frontale le sujet si je veux le faire ressortir, sur un cliché à part en adaptant le temps de pose, soit je fais une pose plus longue en mode Bulb.

Si nécessaire débouchez le sujet avec votre frontale, en le balayant de droite à gauche et de haut en bas, ne restez pas fixe sinon vous brûlerez votre photo.

La magie du numérique…

Sur le terrain je garde toujours à l’esprit que pour obtenir un meilleur résultat j’assemblerai mon sujet ou bien mon premier à mon ciel étoilé, à l’aide de Photoshop.

L’idée c’est d’obtenir une exposition pour le sujet et un temps de pose parfait pour éviter aux étoiles de devenir trop ovales.

Pensez à utiliser cette astuce afin de faire diminuer le bruit par exemple, une pose longue de plusieurs minutes pour ramener de la lumière dans votre compo que vous assemblerez ave votre Voie lactée.

Pour aller plus loin, imaginez que votre sujet ne puisse pas se trouver dans l’axe de la Voie lactée, en utilisant cette technique vous pourrez assembler vos photos afin d’obtenir le résultat désiré.

Blending, Stacking

En pensant post traitement à la prise de vue et en utilisant plusieurs expostions, il sera aisé d’assembler (Blending) plusieurs photos pour jouer avec la pollution lumineuse par exemple, déboucher le premier plan sans utiliser une lumière artificielle, exposer parfaitement son ciel…

Le Blending, c’est l’assemblage automatique ou manuel de plusieurs photogrpahies, en utilisant un logiciel  comme Adobe Lightroom ou Photoshop par exemple, pour obtenir une seule photo. Déboucher les ombres sans moirer, conserver les hautes lumières sans brûler.

Le Stacking, c’est l’assemblage de plusieurs photographies dans le but de les cumuler, non pas pour récupérer des informations mais dans le but de réduire le bruit, je vous en parlerai plus en détail dans un prochain tutoriel.

Si vous désirez en savoir plus au sujet du bruit en photographie, je vous recommande de lire cet excellent article rédigé par mon ami Harry Collis.

Monter en ISO pour réuide le bruit

Sortie boîtier – Canon 6D – Samyang 14mm – F2.8 – 25/s – 3200 ISO

C’est dans la boîte !

Voilà après une série de photos avec vos différents réglages il ne vous reste plus qu’à rentrer chez vous, des images plein la tête et plein la carte SD, il ne vous restera plus qu’à faire le tri et le post-traitement.

Prenez le temps de bien régler votre balance des blancs sous Lightroom ou DXO par exemple.

Pour la gestion et la réduction du bruit je vous recommande fortement de passer votre image dans le logiciel DXO Photolab qui gère extrêmement bien le bruit grâce à son moteur Prime.

En conclusion

Si vous avez l’habitude de traiter vos photos sous Lightroom, prenez une grosse bouffée d’air frais, aller récupérer du sommeil, car faire exploser la Voie lactée sous Lightroom ou encore Photoshop n’ai pas chose aisée !

Au premier abord, il faudra doser, prendre du recul, faire de nombreuses pauses, pour ne pas dénaturer la douceur d’une belle nuit étoilée, tout en donnant plus de place et de couleurs à notre magnifique Galaxie !

Cet article touche à sa fin et j’espère que mes conseils vous seront utiles, et que vous ramènerai de belles photos !

Si vous avez des questions, comme toujours je suis disponible pour échanger sur Facebook, et si vous êtes dans les parages, autour d’une bonne bière c’est encore mieux ! 😉

Un tuto pour traiter vos photos

Si vous souhaitez en savoir plus sur le traitement de vos photos de Voie lactée

Section TIPS

  1. Appli Smartphone : Star Walk 2 et un calendrier Lunaire
  2. Orientation : Recherchez la constellation du Scorpion
  3. Radars et prévisions météo : Sat24.com
  4. Pollution lumineuse : avex-asso.org
  5. Quand : D’Avril à Septembre
  6. Un trépied, une télécommande, une lampe frontale

Exemples de réglages :

Bonne expoBonne expoBonne expoBonne expoSous-exposéeSous-exposée
ISO320050003200400020001600
Temps de pose202025252025
Focale161614141614
Diaphragme2.8F4F2.8F2.8F4F2.8

Tips

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